Famille

Les indispensables d’Allison #5

7 août 2017

Allison, c’est une nana pétillante qui était dans le même conservatoire que moi à qui je n’ai jamais parlé je crois bien. Qui m’a reconnue sur mon blog – le vieux Leblogdefiancee – des années après et avec laquelle je suis devenue copine. On a passé des heures à parler mariage et à manger des pâtisseries chez SugarPlum à Paris. Aujourd’hui, elle et son amoureux sont les heureux parents d’un petit garçon trop mignon qu’il me tarde de rencontrer. Allison m’a proposé de partager avec vous ses indispensables pour se préparer à un accouchement sans péridurale. Une chose que j’aurais aimé faire de mon côté, mais en lisant toute cette préparation, je comprends aujourd’hui pourquoi je n’y suis pas arrivée… un manque de préparation et surtout d’une sage femme bienveillante pour m’y préparer. En lisant le témoignage d’Allison, j’ai eu le sourire et ai sauté comme une folle dans mon salon (fatigue post grosse maladie hahaha !) car comme moi, elle parle de son accouchement comme un chouette moment et en garde un magnifique souvenir ! Et oui, on peut avoir aimé accoucher et avoir trouvé ça cool sans passer pour la folle du quartier ! Maintenant place à Allison…

10 indispensables pour se préparer à un accouchement sans péridurale

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours souhaité avoir un accouchement le plus naturel possible le jour où je choisirai d’avoir des enfants. Etudiante déjà, je regardais l’émission Les maternelles et j’étais ébahie par les possibilités qui s’offrent à nous en termes d’accouchement. C’est donc en toute logique que j’ai souhaité un accouchement physiologique pour la naissance de mon premier enfant. Quand on dit « physiologique », c’est pour désigner un accouchement le moins médicalisé possible et donc sans péridurale, mais aussi sans instruments et autres médicaments.

Mais pourquoi, me direz-vous, alors qu’au XXIème siècle les progrès de la médecine nous permettent d’atténuer notre souffrance ? Je me suis souvent posée cette question. D’une part, je ne suis pas du genre à prendre beaucoup de médicaments. Je déteste aller chez le médecin. Du coup, l’idée d’être assistée avec des substances chimiques ne m’enchantait guère alors que des millions de femmes sont parvenues à s’en passer pendant des générations et le font encore aujourd’hui sans se poser de question dans certaines régions du monde. D’autre part, plus je me renseignais sur le sujet, plus je me rendais compte qu’un accouchement naturel était en principe plus rapide, plus efficace, avec des risques de complications minimisés (quand l’accouchement s’annonce normalement) et offre une capacité de récupération meilleure. Enfin, et je dois dire que ce fut là l’argument le plus important à mes yeux, quand on pense accouchement, on pense généralement à soi et à sa douleur, mais quand j’ai réalisé qu’on était deux à subir l’accouchement, que pour mon bébé aussi, ce serait une épreuve difficile et compliquée, je ne me voyais pas l’abandonner en me détachant de lui physiquement grâce à la péridurale. Je ne me permettrais pas de juger celles qui en font le choix    car c’est très personnel et nous avons chacune nos raisons, mais je le ressentais comme ça. Je voulais rester auprès de lui pour qu’on vive ce moment ensemble du début à la fin.

Je ne dis pas que ce fut facile, bien au contraire, mais j’en garde aujourd’hui un excellent souvenir et je suis fière d’être parvenue à aller jusqu’au bout de mes choix. Parlez-moi de mon accouchement et je vous souris instantanément. Ça surprend souvent ! Mais oui, je peux le dire, j’ai adoré accoucher ! Bon, c’est sur, ça fait horriblement mal, mais tout s’est passé comme je l’imaginais, j’ai surpassé ma peur et l’expérience incroyable de rencontrer son bébé en toute conscience efface bien vite la douleur ressentie.

Et comme, pour y parvenir, tout réside dans la préparation qu’on met en œuvre dans les neuf mois qui précède l’accouchement, voici mes 10 indispensables :

Mon mental

Mon indispensable le plus important fut en effet mon mental car effectivement, tout est dans la tête. Je le savais, je me le répétais sans cesse mais je peux vraiment le confirmer. L’essentiel réside dans sa propre conviction et dans les moyens psychiques que l’on se donne. Je ne savais pas si j’avais une bonne capacité à supporter la douleur mais j’avais surtout décidé d’en avoir une. Se dire et se répéter que c’est ce que l’on veut, qu’on peut y arriver et accepter d’en avoir peur est le plus important. Oui, je vais avoir mal, j’ai peur de l’accouchement mais cela est complètement normal et je peux me surpasser car mon corps est fait pour ça. C’est ce que je me suis répétée, surtout dans les semaines qui ont précédées l’accouchement. J’avais même écrit mes pensées positives pour les lire avant de m’endormir, comme le conseillait Anne-Charlotte sur son blog. Je ne m’étais pas vraiment préparé avec des exercices de relaxation car j’ai du mal à lâcher prise mais pendant le travail, mon mental m’a mise dans un état second incroyable permettant à mon corps de faire ce qu’il avait à faire en toute confiance et de me concentrer surtout sur les moments de non-douleur.

Le soutien de mon amoureux

L’autre indispensable véritablement très important était bien sûr mon amoureux. Son soutien dans les choix que j’ai fait et son implication dans la préparation à la naissance ont été essentiels. Certaines femmes y parviennent sans mais pour moi, c’était indispensable de me sentir comprise et de savoir qu’il serait là pour m’accompagner au mieux le jour J. Au départ, ce n’était pas une évidence pour lui mais les échanges que nous avons pu avoir dès le départ et la préparation à la naissance que nous avons choisi lui ont permis de voir cela sous un angle différent et d’approuver complètement ma vision des choses. Il s’est très vite investi d’un rôle dans cet aventure parce qu’il a  compris qu’à nous trois, nous étions une équipe, et lui devait être notre coach, notre roc, celui sur lequel on pouvait compter quoiqu’il arrive (pas évident quand on aime pas les hôpitaux et les aiguilles). Ce qui nécessitait que lui aussi se prépare mentalement, notamment à me voir souffrir terriblement sans pouvoir me soulager véritablement. Au final, il a rempli sa part comme un chef, à tenter toutes les astuces que nous avions répétées pour atténuer ma douleur, à m’encourager et à assister la sage-femme. Je lui en suis infiniment reconnaissante et je crois que lui aussi est très fier de nous.

L’haptonomie comme préparation à la naissance

Parmi les différentes préparations proposées, nous avons tout de suite décidé de nous tourner vers l’haptonomie, non seulement car elle laisse une place importante au père mais aussi parce qu’elle considère le fœtus comme un être à part entière. Cela nous a tout de suite convaincu car nous nous sommes sentis parents dès l’annonce de ma grossesse. Nous attendions les séances avec beaucoup d’impatience et nous avons adoré en faire à la maison. C’était notre petit moment à nous trois, le soir en rentrant du travail. Pour l’accouchement, cette préparation nous a confortés dans l’idée que nous étions trois à vivre cet instant et que maintenir la communication entre nous était primordial. Cela nous a aussi préparé à la parentalité et nous a permis de nous poser les bonnes questions sur l’accueil de notre enfant et son éducation.

Le projet de naissance

Avec les choix que nous avions faits, je ne me voyais pas aller accoucher sans projet de naissance. Il était nécessaire que le corps médical qui allait nous accueillir et nous accompagner ait pris connaissance de nos envies et comprenne qu’il était important pour nous qu’il mette tout en œuvre pour les respecter. Je crois que peu de couples prennent le temps d’écrire ce type de projet mais c’est un exercice qui nous a permis de réfléchir à toutes les étapes de l’accouchement ensemble, d’échanger, de débattre parfois et de tomber d’accord surtout. C’est un excellent moyen de se préparer à la situation et d’être sur la même longueur d’onde. C’est également un bon outil pour le papa qui saura comment guider le corps médical quand vous serez focalisée sur le travail. Le jour J, nous avons eu une sage-femme extraordinaire, très à l’écoute, qui a vraiment tout fait pour que l’accouchement se passe comme nous l’avions envisagé. C’est aussi grâce à elle que ce moment magique restera à jamais gravé dans nos mémoires.

La méthode de Bernadette De Gasquet

J’ai très rapidement été convaincue par la méthode de Bernadette De Gasquet qui repose principalement sur la respiration et les positions pour faciliter le travail, atténuer la douleur et préserver son périnée. J’ai dévoré ses ouvrages car elle expose ses théories sur le fonctionnement de notre corps pendant l’accouchement avec beaucoup de pertinence et surtout beaucoup d’humilité. J’ai suivi nombreux de ses conseils le jour J, notamment bien sûr la mobilité, la verticalité, la respiration mais aussi le choix d’accoucher sur le côté pour éviter la position gynécologique.

J’ai beaucoup aimé « Accouchement – la méthode De Gasquet » aux Editions Marabout qui m’a suivi jusque dans la salle de travail mais également « Bien être et maternité » chez Albin Michel.

La salle « nature » de la maternité

C’était l’un des points les plus importants dans notre projet de naissance : avoir accès à la salle « nature » de la maternité pour mettre au monde notre enfant. J’imaginais au moins pouvoir y réaliser toute la phase de travail mais finalement, nous y sommes restés jusqu’au retour en chambre puisque notre bébé est né dans cette salle. Avec ma conception de l’accouchement, je n’avais vraiment pas envie d’un bloc de naissance avec tous ces appareils prêts à vous être branché et surtout je savais que les accessoires proposés dans la salle « nature » allait m’être d’une aide précieuse, notamment le ballon que Bernadette De Gasquet préconise dans beaucoup de situations mais également, et ce fut ce qui me permis de tenir jusqu’au bout, la baignoire. Notre maternité ne proposait pas l’accouchement dans l’eau (dommage, j’aurais bien tenté) mais j’ai pu réaliser une bonne partie du travail dans une baignoire avec une eau bien chaude qui a considérablement atténuée la douleur. J’ai beaucoup apprécié l’ambiance qui régnait dans cette salle, elle y était calme, loin du tumulte de l’hôpital et avec la play-list zen que nous avions préparé, j’ai vraiment pu me concentrer sur la descente du bébé.

La méthode « Epi-no »

Dans mon idée d’accoucher le plus naturellement possible, je souhaitais aussi éviter l’épisiotomie mais également toute déchirure. C’est bien évidemment le souhait de toutes les femmes, mais j’ai réalisé qu’il fallait se préparer pour rendre cela possible. J’ai donc suivi la méthode « Epi-no » en commençant les exercices pour muscler et étirer mon périnée dès le début de mon congé maternité. La réalisation de ces exercices au quotidien à l’aide de cet appareil a eu l’air de fonctionner car je n’ai eu ni épisiotomie, ni déchirure mais seulement quelques égratignures que je n’ai pas du tout senti en suite de couches. Je suis donc parvenue à conserver un périnée intact et bien sur, j’en suis ravie. Aujourd’hui, ma rééducation périnéale est très efficace, sans doute également grâce à cette méthode.

Les médecines alternatives

Pour préparer mon corps à ce marathon, j’ai choisi de mettre en œuvre plusieurs méthodes de médecine douce en parallèle. J’ai été deux fois chez l’ostéopathe pendant ma grossesse. Une première fois au 5ème mois, puis au début du 9ème mois afin que mon corps soit en parfait état de marche. J’ai également suivi le protocole homéopathique prescrit par ma sage-femme, à la fois en préparation sur le 9ème mois mais également une fois le travail commencé pour régulariser les contractions, accélérer le travail et atténuer la douleur. Enfin, j’avais également fait le choix de faire de l’acupuncture prénatal réalisé par une sage-femme afin de préparer l’utérus et le col au passage du bébé. Malheureusement, je n’ai pu faire que la première séance de rééquilibrage du corps puisqu’il fallait attendre la semaine 37 pour commencer et que mon bébé est arrivé avant la deuxième séance censée véritablement me préparer.

Le yoga prénatal

Pendant toute ma grossesse, j’ai suivi les exercices de yoga prénatal proposé par Lucile Woodward sur la chaîne youtube de Doctissimo. Une fois en congé maternité, ils m’ont beaucoup aidé à déverrouiller mon corps, apprendre à respirer correctement et soulager certaines douleurs, celles du dos notamment. Alors que je n’avais jamais fait de yoga, ces exercices sont vraiment très faciles en s’équipant d’un ballon à la maison et ils m’ont vraiment donné envie de continuer par la suite.

La tisane de framboisier

Enfin, heureusement que j’aimais ça car j’ai bu des litres de tisane de framboisier à partir de la semaine 37 puisqu’il paraît que ça prépare le corps à l’accouchement, voire que ça le stimule pour un accouchement rapide et efficace. Je ne saurais confirmer son efficacité mais bon, j’ai accouché 10 jours plus tard et 2 semaines avant terme, ce qui était parfait pour un bébé qui s’annonçait déjà bien portant et qui est finalement né à 3,7kg.

En définitive, je suis très heureuse de mon accouchement qui restera une expérience géniale à mes yeux. J’ai eu l’accouchement dont je rêvais même si, ce que je ne vous ai pas dit, c’est que j’ai été déclenché car ma poche des eaux s’était fissurée et que le travail ne voulait pas commencer. J’ai alors eu très peur de ne pas pouvoir aller au bout de mes choix car on dit qu’un accouchement déclenché est beaucoup plus douloureux. J’ai donc été médicamentée au bout de 36 heures avec un tampon pour amorcer les contractions mais j’ai tenu bon et c’est le seul acte médical qui ait été réalisé. J’ai été chercher en moi une force que jamais je ne pensais avoir pour accompagner notre petit chat dans cette épreuve incroyable. Douze heures plus tard, notre Basile était né et depuis, il nous comble de bonheur chaque jour. Lui aussi aura été exceptionnellement courageux car son rythme cardiaque n’a pas bougé d’un cil, malgré deux heures de poussées. Il est arrivé le 20 mai dernier, heureux de nous rencontrer, avec des yeux en amande prêts à nous dévorer du regard et plein de cheveux sur la tête à en faire pâlir son papa !

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1 Comment

  • Reply Amelie C 7 août 2017 at 09:29

    Très bel article ! J’ai aussi fait le choix d’un accouchement sans péridurale, en suivant à peu près le même cheminement donc j’ai le sourire en lisant cet article ! Notre accouchement a été un merveilleux moment avec mon mari, car sans péridurale, il a été mon pilier lorsque je perdais pied. On a vraiment accouché à trois, ma fille, mon mari et moi ! :-)
    A tous ces conseils, je rajouterais le livre « J’accouche bientôt, que fait de la douleur », qui a été d’une grande aide pour moi. Et un gros bémol sur la tisane de feuilles de framboisier, j’en ai bu des litres et mon travail a duré trois jours… Haha la grosse blague que cette tisane ! :-)
    J’aimerais insister sur l’haptonomie qui a été d’une grande aide !

    Et surtout le jour J, tomber sur LA sage-femme qui va tout mettre en oeuvre pour respecter le projet de naissance et se consacrer corps et âme au soutien de la maman !

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